Mon voyage dans le cuir (jusqu’en Angleterre)
Jeux de mots mis à part, mon voyage dans le cuir a commencé en 2024, quand j’ai commandé quelques peaux de cheval en Italie et un ensemble d’outils.
Ou peut-être a-t-il commencé en 2012, quand je suis parti vivre en Italie et que je me suis plongé tête la première dans la mode avant-gardiste, les textiles deadstock et la dentelle française ? (Mais c’est une autre histoire.)
À l’époque, je parcourais Internet à la recherche de cours, de patrons et de vidéos de maroquinerie. J’ai appris des choses, j’ai fabriqué des choses. Il y a plein d’artisans formidables dont on peut apprendre. Pourtant, j’avais du mal à comprendre pourquoi et comment les choses devaient être faites. Je réfléchissais trop, je discutais, je cherchais des raccourcis et mes propres techniques. Je n’arrivais pas vraiment à trouver le bon chemin…
Jusqu’à ce que je découvre les vidéos de Nigel, d’Armitage Leather, et cela a tout changé. Par exemple, au lieu d’un tutoriel rapide sur le point sellier, Nigel propose trois vidéos d’une heure consacrées à cette seule couture, qu’il explore en profondeur. Et je suis du genre à avoir besoin de comprendre exactement pourquoi je fais les choses comme je les fais. Bien fait, ce niveau de détail n’est jamais ennuyeux : ces détails comptent quand on veut tout comprendre.
Dans l’atelier
Aujourd’hui, j’ai un certain savoir-faire et une certaine compréhension de ce que je fais dans mon artisanat. Avant d’aller plus loin, c’était une bonne idée d’ajuster mes compétences et mes habitudes, et d’examiner de plus près mes axes de progression. C’était le meilleur moment pour retourner en Angleterre, d’autant que la dernière fois que j’y étais allé, c’était il y a 31 ans.

L’atelier de Nigel se trouve dans les Midlands, dans une ferme près de Birmingham, juste à côté de Burton upon Trent. Sans voiture, ce n’est pas évident d’y aller, mais pas trop difficile non plus : il suffit de passer une nuit à Burton et de goûter quelques-unes de ses célèbres ales locales.
Je suis arrivé à la campagne à 9 h, j’ai failli me laisser distraire par un troupeau d’alpagas et une bande d’oies, mais il n’y avait pas le temps de sympathiser avec les locaux.

Nous sommes entrés directement dans le vif du sujet et avons commencé le cours.
Je suppose qu’on peut apprendre beaucoup de ces choses dans Secrets from the Workshop de Nigel ou dans des vidéos YouTube. Mais en personne, on a un retour et de la pratique immédiats, beaucoup de choses deviennent plus évidentes, et on vit pas mal de déclics qu’on avait manqués en apprenant seul.
Pour moi, il était important de revoir mes techniques et d’avoir quelqu’un avec qui parler de mes difficultés en patronage ou avec des cuirs compliqués.
Oh, et c’est génial de voir tous ces outils qu’on n’a jamais touchés et de les essayer correctement. Différentes griffes à piquer, des couteaux, des outils à parer et à abattre les angles, etc.

Qu’ai-je appris ? Et pourquoi devriez-vous le faire ?
Vous aimez les listes ? Moi, j’adore les listes !
- Améliorez vos techniques et vos habitudes. Comme dans tout artisanat, il est très important de maîtriser les bases. Beaucoup de choses deviennent bien plus simples quand on sait ce qu’on fait.
- Obtenez des retours, de l’inspiration, des conseils. On n’a pas souvent l’occasion de parler en personne avec quelqu’un d’aussi savant et habile. Là encore, cela vaut pour tout artisanat.
- Préparez une liste de questions à aborder. Qu’est-ce qui vous préoccupe ? En me préparant, j’ai noté tout un tas de choses, des problèmes très précis et détaillés aux sujets plus larges.
- Faites le point sur votre parcours et planifiez les étapes suivantes. Il est important de comprendre les deux : quel est le projet le plus audacieux que vous voulez entreprendre, et quel chemin y mène, quelle est votre prochaine étape. Pour moi, c’était la fabrication de sacs et les patrons de sacs complexes aux formes difficiles.
Et concrètement…
Nous avons passé la plupart du temps sur des techniques et des gabarits simples, et voici quelques points clés qui ont changé pour moi :
- De petites améliorations dans la couture. Je comprends mieux les grosseurs de fil et la tension. Surtout grâce à un autre type de cuir et à l’utilisation des griffes KS Blade d’une manière différente de mon habitude.
- Travailler avec des gabarits en carton et être extrêmement précis avec eux. Ces détails s’accumulent et changent votre approche. Par exemple, mesurer en passant par les trous de couture prend tout son sens, et l’étape suivante, avec les soufflets et les formes difficiles, devient plus facile.
- La coupe et le parage. Maîtriser les bases prend du temps. En apprenant seul, j’avais trouvé des raccourcis avec la découpe laser et les gabarits en acrylique. Et maintenant, je vois beaucoup plus clairement la valeur de bonnes techniques et de bons outils de coupe.
- Le patronage et son évolution. Je brûle souvent les étapes et je me bats avec des projets très difficiles. Là, j’ai pu mieux explorer toutes les étapes par lesquelles je dois passer. Comment faire de bons soufflets, des pinces, des formes, etc.
- Des conversations détendues et des valeurs. Nigel et moi avons une esthétique un peu différente, mais beaucoup de nos valeurs se rejoignent. Comme la valeur de la couture main, des formes fonctionnelles, de fabriquer des objets qui durent des éternités, etc. Chaque artisan a sa propre vision et son propre savoir-faire, il est donc facile de se perdre parmi toutes les possibilités et tous les styles : du biseautage western au moulage humide. Il est important d’avoir sa propre vision et de réfléchir à pourquoi elle est ainsi.
Alors, si quelque chose vous passionne vraiment, ne vous isolez pas du monde. Sortez, essayez d’avoir une vraie conversation, trouvez quelqu’un qui peut vous donner plus de recul sur vos compétences.
Juste une dernière chose
En discutant avec Nigel, il m’a dit quelque chose que j’avais besoin d’accepter. Faire des portefeuilles comme artisanat est une idée folle : il faut beaucoup d’efforts et de temps pour bien faire un portefeuille. Tout ce temps passé sur un portefeuille serait bien mieux investi dans la fabrication d’un sac.
J’ai la chance que ce ne soit pas (encore) une activité sur laquelle je mise ma vie, alors je peux m’offrir le luxe de consacrer tout ce temps et cet effort à ce que j’aime.
Vous trouverez tous mes portefeuilles et porte-monnaie ici. Ou écrivez-moi sur Insta pour un projet sur mesure. Surtout si vous voulez quelque chose en culatta de cheval.